Un temps suspendu

C'est au tout dernier jour du mois que je vous écris, j'ai fait durer août autant que possible ... et vous ?

Merveilles Ordinaires
3 min ⋅ 31/08/2025

Lors de la précédente newsletter je vous parlais maison et cuisine ce qui a enclenché de nombreux échanges avec celles et ceux qui n’aiment pas cuisiner, celles et ceux qui rêvent d’une maison et d’une cuisine qui n’est pas encore la leur, celles et ceux qui peuvent décrire très précisément la ou les cuisines de leur souvenirs, qui sont intarissables sur le sujet … j’ai adoré vos réactions passionnées.

Aujourd’hui, je vous emmène avec moi dans le petit matin. Bonne lecture !

Avant que la journée ne commence

Il est 6h, je me lève et je vais sans bruit sur la terrasse. Les moustiques dorment encore, j’écoute les oiseaux du matin et j’inspecte les plants de tomates. Je m’étire, je m’assieds et je regarde les feuilles. Les lattes de la chaise en bois s’incrustent peu à peu sur mes cuisses nues.

Il est 6h30, je me lève et j’ouvre la porte-fenêtre. J’oriente la chaise en plastique blanc pour que les premiers rayons de soleil me réchauffent les mollets. J’ai pris deux livres, un essai et un roman. Je n’arrive pas à choisir lequel lire, je vois les lapins traverser l’herbe humide chez le voisin.

Il est 7h, j’ai réussi à ne pas faire craquer les marches de l’escalier, le chat n’a pas miaulé. Je pose mes pieds sur le gravier, j’hésite. L’air sent la bergamote et la chaleur qui monte. Je me fais une tartine et j’oublie de la manger.

Il est 6h30, je caresse la chienne aussi affectueuse qu’envahissante et je monte sans attendre sur le toit terrasse. Je contemple la ville encore silencieuse puis m’étends sur la chaise-longue. Je ne comprends rien à ce que je lis, même en prenant des notes.

Il est 6h, j’ai fait tomber mes clés sur le carrelage par mégarde et je retiens ma respiration. Aucune réaction dans la maison. Je file vers le jardin, il a plu toute la nuit. L’unique chaise sèche m’attend sous l’avant-toit au niveau du nichoir à mésanges.

Tiens, je crois que j’ai entendu quelqu’un d’autre se lever …

Faisons une expérience …

Pour cette fin de mois d’août, je vous propose - à contre-courant - de

préparer votre valise

Enfin plus exactement votre baluchon, votre besace, votre musette, votre havresac, votre escarcelle pour aborder septembre.

Quel objet y placerez-vous ? Quel mot précieux ? Quel souvenir de l’été ? Quel encas pour vous sustenter ? Emporterez-vous un habit bien-aimé ? Une lecture ou peut-être de la musique ? Des personnes chéries ?
Tout peut entrer dans ce sac, dans votre sac.

Pensez à ce qui vous fortifie, que ce soit réel ou symbolique ; à ce qui vous met en joie, vous fait rayonner, vous fait rêver.

Privilégierez-vous la légèreté ? L’énergie ? L’apaisement ? La douceur ? L’audace ? Tout cela mêlé ou tout à fait autre chose ?

Vous pouvez tout simplement songer à ce sac et à ce que vous y placez, prendre le temps d’apprécier ce qui vous accompagnera dans les jours et les semaines qui viennent.
Vous pouvez aussi choisir de le dessiner avec ce qu’il contient, ou peut-être d’en faire un collage ? Ou alors les recenser dans une liste si vous les affectionnez ? Ou encore partager cette expérimentation avec votre entourage et découvrir ce que chacune et chacun aura souhaité emporter ?
Ou une autre variation que vous aurez eu le plaisir d’inventer… 

C’est tout. Pas de morale ni de conclusion à ce petit jeu.  

J'espère que vous avez savouré cette préparation. N’hésitez pas à m’écrire pour me raconter ce que vous avez eu envie de mettre dans votre besace, je n’ai pas encore tout à fait rempli la mienne.

  

Trois propositions pour nourrir votre curiosité et votre imagination :

Un recueil de poésie plein d’humour et de sensibilité : Apprendre à voler, en 10 000 leçons faciles de Barbara Kingsolver. Entre souvenirs de voyage, recettes de cuisine, amour de l’Italie et observation émerveillée de la nature, l’autrice américaine partage généreusement son regard sur le monde.

Une chanson pour savourer les restes de l’été quand le monde flambe : Orange Blossoms de Jolie Holland. Beaucoup de beauté, un peu de mélancolie, du texte … je savoure la voix de cette chanteuse entre folk et jazz.

Le compte Instagram d’une artiste aux créations biscornues et géniales : Maissa Toulet.
Je l’ai découverte par ses cabinets de curiosités, j’ai visité son atelier avec émerveillement et j’adore ses lunettes subjectives ou de déni comme elle les nomme aussi.

Et voilà, la newsletter d’août est terminée. Si elle vous a plu n’’hésitez pas à la faire connaître à vos proches.
De quoi auriez-vous envie pour la prochaine ? Dites-moi tout en répondant simplement à ce mail si le cœur vous en dit.
A bientôt !

(Vous pouvez retrouver les numéros précédents de cette newsletter directement ici)

Merveilles Ordinaires

Par Judith Matharan

Je suis passionnée de lectures, de lumières et de rencontres.
J’aime bien flâner aussi : le nez au vent, l’œil qui s’enchante et l’oreille attentive.

J’écris depuis longtemps pour être efficace (dans le cadre de mes études puis de mon activité professionnelle) en tâchant d’être concise et pédagogue.

Ici, je m’essaye à une autre écriture - un peu plus personnelle - avec toute les incertitudes et la magie d’une nouvelle expérience.

Les derniers articles publiés