Bienvenue à celles et ceux qui ont rejoint cette newsletter dernièrement et merci à vous qui m’avez écrit suite à celle de juin pour partager la cartographie de votre été.
Alors que le rythme de la ville ralentit, j'entame ma dernière semaine de travail avant de partir à mon tour en congés. J’ai eu envie de vous raconter à quel point ce que l’on a sous les yeux au quotidien peut sembler immuable au point d’en devenir transparent. Et comment ce qui a disparu est parfois bien plus perceptible.
Bonne lecture !
Cela fait maintenant dix ans que je passe devant matin et soir, elle est presque à l’angle de ma rue.
Dix ans à l'apercevoir à travers le portail rouillé, à la deviner cachée derrière les feuilles de l’immense poirier. Dix ans à se demander pourquoi elle reste solitaire en son jardin alors que le quartier bruisse d'installations, transformations et autres rénovations. Dix ans à imaginer son intérieur, les pièces vacantes derrière les persiennes rouillées, les objets abandonnés, les planchers usés et les papiers peints démodés.
Dix ans à glaner des bribes de son histoire par une succession de hasards et de conversations avec les personnes âgées des alentours. La famille qui l'a construite puis habitée, les ravages de la guerre et la violence des hommes, le vide juridique, le squat, l’incertitude … de quoi alimenter tout un imaginaire local pendant que la maison se craquèle et se fond dans la verdure anarchique qui l'entoure et la protège.
Hier soir, en revenant du travail, j'ai regardé machinalement vers la maison en m'arrêtant pour reprendre mon souffle après la côte. Et là, rien.
Plus de maison. Du vert toujours, mais une grande absence au milieu.
La maison abandonnée a disparu.
(Oui, bien sûr, j’avais vu le panneau annonçant les travaux. Je l’avais aussitôt enfoui sous ma végétation mentale, repoussant à plus tard l’inévitable transformation de ce territoire.)
Faisons une expérience …
Pour cette fin de mois de juillet, je vous propose de vous laisser surprendre par la précision de vos souvenirs. Prenez donc de quoi écrire ou enregistrer ce qui va surgir et
pensez à la cuisine d’un lieu où vous avez vécu il y a longtemps
Laissez venir à vous les souvenirs visuels, les objets familiers, la couleur des murs, les meubles, la lumière naturelle, les lampes, la décoration, la couleur et la texture du sol …
Peut-être que vous reviennent aussi des odeurs particulières, des sons liés à cette pièce ?
Des conversations, des repas ou des plats en particulier ?
Des routines, des habitudes ? ou d’autres choses encore ?
Vous pouvez juste déguster ces souvenirs, vous en imprégner.
Vous pouvez aussi choisir de les raconter à une personne de votre entourage, les écrire pour en faire une histoire, les dessiner, évoquer d’autres pièces de ce même lieu ou bien toutes les cuisines de votre vie, proposer cette expédition mentale à d’autres personnes, regarder votre cuisine actuelle différemment …
et tout un tas d’autres choses que vous saurez certainement imaginer.
C’est tout. Pas de morale ni de conclusion à ce petit jeu.
J'espère que vous avez pris plaisir à vous remémorer cet endroit. N’hésitez pas à m’écrire pour me le décrire ou simplement me raconter ce que cette expérience a suscité chez vous.
Un livre ouvert sur la poésie de la vie domestique : Là-bas, août est un mois d’automne de Bruno Pellegrino. Un poète et sa sœur vieillissent ensemble dans leur maison familiale suisse, ils observent le monde chacun à leur façon entre lenteur et fascination.
Une chanson pour une session de sport estival : Une partie de pétanque chantée par Georges Brassens. Je vous laisse allumer le phono, vous servir un petit verre de limonade ou d’anisé et profiter …
Une recette simple et rapide pour un pique-nique ou un apéritif : les madeleines salées.
Un grand classique peu coûteux de mes années étudiantes que j’ai encore plaisir à faire en vacances.
Et voilà, la newsletter de juillet est terminée.
Qu’en avez-vous pensé ? De quoi auriez-vous envie pour la prochaine ? Dites-moi tout en répondant simplement à ce mail si le cœur vous en dit.
Bonnes vacances si vous en prenez et on se retrouve fin août !
(Vous pouvez retrouver les numéros précédents de cette newsletter directement ici)