Ouf, j'ai eu chaud ! Mais voici, in extremis, la newsletter de juin (cette blague médiocre vous est gracieusement offerte par mon cerveau amoindri en partenariat avec la météo des derniers jours)
En convoquant les tilleuls de ma vie et leur pouvoir temporel dans la newsletter précédente, je n’imaginais pas que ces mêmes arbres appelleraient autant de souvenirs en vous. Joies de l’enfance, calme d’un monastère, odeurs de montagne après la pluie, place de village et ses marronniers … merci de les avoir partagés avec moi.
Pour conclure ce mois de juin, je me suis plongée dans l’observation d’un geste anodin dont le caractère répétitif fait - à mes yeux - toute la saveur.
Bonne lecture !
Fermer ou ouvrir les volets. Un geste quotidien, presque machinal. Un geste qui traverse le temps. Une responsabilité fastidieuse qui nous était confiée à ma sœur et moi, lorsque nous étions enfants.
En hiver en fin d’après-midi, fermer les volets pour préparer la maison à la nuit, se protéger du froid et des regards extérieurs. Prendre une grande bouffée d’air un peu piquant, avoir les yeux tellement pleins de la lueur des lampes que l’on ne distingue rien de bien net au dehors. Fermer vite pour ne pas laisser fuir la chaleur.
En été au petit matin, alors que certains dorment encore, fermer les volets pour préparer la maison pour la journée, s’abriter de la chaleur et s’inventer un refuge mental comme physique, loin du soleil ardent. Percevoir la fuite graduelle de la fraicheur matinale, se tenir prête, rabattre promptement les persiennes en étant éblouie par la vivacité des couleurs au dehors.
En été le soir, une fois que le soleil a tourné et décru, ouvrir les volets, émerger de la caverne, mesurer s’il est déjà temps d’ouvrir les fenêtres pour la nuit où si l’ombre est trompeuse. Se sentir ahurie, ne plus bien savoir l’heure qu’il est, celle des hirondelles ou bientôt celle des chauves-souris.
En hiver le matin, après avoir réveillé les uns et les autres, ouvrir grand les volets et les fenêtres pour une aération vivifiante. Les entendre protester et filer se pelotonner sous des plaids pour le petit-déjeuner. Déguster le courant d’air froid sur mes joues, l’impression que la journée est neuve, prête à être déballée.
Ouvrir ou fermer les volets. Et embrasser le jour comme la nuit.
Faisons une expérience …
Allez, c’est parti ! Pour cette fin de mois de juin, je vous propose d’arpenter votre futur été.
Prenez donc un papier et un crayon, ou vos feutres de couleurs, ou tout ce qui vous permettra de vous exprimer visuellement et
représentez votre été à venir comme s’il s’agissait d’une carte
carte routière ou carte géographique, carte de randonnée ou de botanique, carte marine ou astronomique ou bien d’autres encore : à vous de voir ! Tracez vos chemins, vos points de vue, vos dates clés, nommez comme vous le souhaitez les moments ou les lieux … la carte n’est pas le réel ni le territoire. Votre été et sa représentation vous appartiennent.
Vous pouvez afficher votre carte, la conserver comme un talisman dans votre sac ou comme marque-page, vous pouvez en fabriquer une à plusieurs, la raturer, la transformer, en faire des versions alternatives pour avoir le choix, la jeter au feu … et tout un tas d’autres choses que vous saurez certainement imaginer.
C’est tout. Toujours pas de leçon ni de conclusion à ce petit jeu.
J'espère que vous avez aimé cartographier les mois qui s’annoncent. N’hésitez pas à m’écrire pour me partager vos cartes ou me raconter ce que cette proposition a suscité chez vous.
(Ce mois-ci, je me suis inspirée à la fois des Exercices d’observation de Nicolas Nova et d’un élément d’un Atelier Etirement proposé par la fantastique Nathalie Sejean. Je vous encourage à les découvrir.)
Un compte et une expo parisienne pour prendre le frais en bord de mer : Jessica Lisse, peintre que j’adore, est en ce moment à la Slow Galerie.
Vous pouvez y découvrir sa série de peintures à l’acrylique ”Faire des vagues”, jusqu’au 12 septembre prochain. Si vous êtes loin de Paris, allez donc vous promener sur son compte Instagram, un délice lui aussi.
Une chanson pour amorcer l’été en bondissant de joie : New Shoes de Paolo Nuttini.
“Oh, short on money, but long on time, slowly strolling in the sweet sunshine, and I'm running late and I don't need an excuse, 'cause I'm wearing my brand new shoes.”
J’aime énormément la voix de ce chanteur, de plus en plus éraillée et bluesy au fur et à mesure de ses albums.
Changement de saison et de température avec un roman très poétique : La vérité sur la lumière d’Auður Áva Ólafsdóttir. Au beau milieu de l’hiver islandais, alors que Noël et une tempête approchent, Dýja s’apprête à mettre au monde son 1922ème bébé en tant que sage-femme (« mère de lumière » en islandais) …
Et voilà, la newsletter de juin est terminée ! Qu’en avez-vous pensé ?
Si vous aimez “Merveilles Ordinaires”, n’hésitez pas à la faire connaître à votre entourage en diffusant le lien pour s’y abonner : https://merveillesordinaires.kessel.media/
A bientôt !