Demain c'est férié ! Pour fêter ça, je vous emmène en balade.
En écrivant la newsletter précédente et notamment le rituel partagé avec ma boulangère, j’ai aimé installer un « décor » et vous donner à voir en quelques mots une scène peut-être quelconque mais qui me fait sourire. Vos retours chaleureux et variés m’ont beaucoup touchée.
Pour bien finir ce mois de mai, je vous embarque à nouveau dans mon quartier ; cette fois-ci on se promène dans l’espace et dans le temps. Rien que ça !
Comme vous le savez, je suis toujours preneuse de vos remarques, réactions, expériences ou envies pour la suite. Vos messages nourrissent ma réflexion et mon écriture.
Bonne lecture !
Souvent, lorsque je n’ai pas réussi à m’aérer suffisamment durant la journée, je ressens le besoin irrépressible de sortir marcher après le dîner. Cette envie est d’autant plus intense que le climat est doux et que l’on approche de la nuit. Les couleurs du ciel sont moins vives, les bruits de la ville s’atténuent, le temps me semble ralentir. Ma propre impatience et ma nervosité en sont, par contraste, soulignées.
Je referme la grille derrière moi et je m’élance. Je marche vite, comme pour dépenser une énergie trop longtemps contenue. Il me faut bien quelques rues pour réussir à ralentir un peu et commencer à regarder autour de moi.
Depuis quelques temps, et particulièrement lorsqu’il y a du vent ou une promesse d’orage, je me suis aperçue que mes pas me guidaient sans que je l’aie consciemment décidé vers un certain croisement de rues. A chaque fois, je constate que je me retrouve au même endroit, qui n’est pourtant pas particulièrement attirant. C’est comme si je sortais d’un épisode très court de somnambulisme : je suis sur le trottoir, j’ai devant moi le boulevard, à ma gauche l’enseigne de la pizzeria aux couleurs criardes. Je reste là, je me sens bien, calme et sereine. J’entends le vent dans les branches des arbres des jardins à ma droite et ce son résonne vivement dans mon cœur.
La semaine dernière, j’ai eu une révélation et ce mystère ordinaire s’est éclairci. Ces arbres, ce sont des tilleuls. A cette période de l’année ils sont majestueux, leurs branches chargées de feuilles bien vertes, leurs fleurs diffusant un léger parfum de miel.
Plus encore que leur odeur, c’est le bruissement de leurs feuilles qui m’apaise. Il me ramène, je ne le comprends que maintenant, au jardin de mes grands-parents au pied des Pyrénées. Il fait presque nuit, il a fait chaud dans la journée, on a partagé des repas, beaucoup parlé, joué aux cartes, cuisiné ou bricolé. Tout le monde est un peu fatigué.
Je suis sur le banc devant la maison, je ne suis pas seule mais personne ne parle. Dans ce silence, les rumeurs de la nuit circulent. Quelques insectes passent, les chauves-souris s’élancent dans le ciel, un chien aboie peut-être au loin. J’entends clairement le vent dans les feuilles du grand tilleul.
Entre la rue quelconque de mon quartier et le jardin de mes grands-parents, une porte s’est ouverte par la grâce du son et du souvenir …
Faisons une expérience …
Pour cette fin de mois de mai, je vous propose une chasse au trésor inoffensive et, je l’espère, réjouissante !
Prenez donc votre filet à papillon, votre téléphone, ou ouvrez tout simplement grand vos yeux et - sans plus de préparation – cherchez à
repérer votre couleur favorite dans tous les lieux que vous traversez ou habitez
Objets, fleurs, habits des personnes que vous croisez, devantures, chaussures, voitures, plats cuisinés, déchets, reflets, animaux tout porte potentiellement votre teinte préférée … regardez bien !
Si vous avez choisi de prendre des photos, vous pouvez ensuite les assembler en un seul visuel et en faire votre fond d’écran, les ranger dans un dossier pour retrouver, dès que vous en avez le désir, cette couleur qui vous plait - ou ne rien en faire du tout, c’est très bien aussi !
Vous pouvez vous lancer à la recherche d’une autre couleur chaque jour de la semaine si ça vous chante, choisir de re-lancer cette quête à chaque nouvel endroit visité, chaque nouveau sentier emprunté… et tout un tas d’autres choses que vous saurez certainement imaginer.
Et, oui, toujours pas de leçon ni de conclusion à ce petit jeu.
J'espère que vous avez aimé ouvrir l’œil et que vous vous êtes bien amusé.e. N’hésitez pas à m’écrire pour me raconter votre couleur et me dire à quels endroits vous l’avez trouvée.
Un album jeunesse pour rêver et puis agir : Les sources mêlées par Aurélie Jeannin et Julie Hoyas aux Editions Athizes.
A sa naissance, chaque enfant reçoit une goutte d'eau offerte par sa mère. Cette goutte encapsule son âme, sa vitalité et tout l'amour protecteur qui lui est transmis. Un jour pourtant, celles et ceux qui vivent là constatent le drame : l'eau qui nourrissait leur terre et leurs saisons a disparu …
Un essai pour nourrir son sens de l’hospitalité : L’art d’être avec les autres, donnez du sens à vos moments partagés de Priya Parker aux Editions Eyrolles. Traduit de l’anglais par Caroline Roptin.
Quel bonheur de voir ce livre enfin traduit ! C’est ma référence pour faire de chaque réunion, familiale, amicale ou professionnelle un moment plein d’intention et d’attention. (Et c’est du concret, pragmatique, qu’on peut mettre en œuvre.)
Et une chanson de 1956, qui me fait systématiquement sautiller et fredonner : ”Lucky Lips” interprétée par la fantastique Ruth Brown. Et pour vous faire plaisir, n’hésitez pas à découvrir son énergie en live lorsqu’elle interprète “(Mama) He treats your daughter mean”
Et voilà, la newsletter de mai est terminée ! J’espère qu’elle vous a plu.
Maintenant que je commence à trouver mes marques et mon rythme d’écriture, je serais plus que ravie si vous souhaitiez faire connaître Merveilles Ordinaires autour de vous. N’hésitez pas à transmettre ce mail ou tout simplement le lien pour la retrouver et s’abonner : https://merveillesordinaires.kessel.media/
A bientôt !