Oser raconter les Merveilles Ordinaires

Après plusieurs semaines de réflexions, de grands élans et de valse-hésitation : je me lance et je vous adresse enfin un premier numéro de newsletter !

Merveilles Ordinaires
3 min ⋅ 23/02/2025

Vous le savez peut-être, mon point fort (et mon talon d’Achille), c’est ma curiosité envers le monde qui m’entoure. Cela me donne de nombreuses occasions d’amusement, d’émerveillement et … de perte de temps.

J’ai donc décidé de vous proposer mensuellement un mélange très personnel d’anecdotes, exercices pratiques, témoignages ou découvertes autour du quotidien avec l’envie que cela nourrisse votre propre curiosité, que cela remette une dose de douceur et d’étonnement dans votre ordinaire.

Je débute et j’adore les conversations alors n’hésitez pas à répondre à ce mail pour me faire part de vos réactions, vos idées, vos expériences. Bonne lecture !

Une histoire de dérapage et de décalage

Il y a quelques semaines je suis tombée à terre, comme une enfant, lentement, sans bien comprendre ce qui m’arrivait. Une main dans la poche, l’autre tenant ma chocolatine, mon pied a glissé sur le trottoir mouillé et je me suis affalée face la première sur le bitume.

Sonnée, la lèvre fendue et sanguinolente, je suis restée assise un temps au bord de la chaussée. Une vieille dame hésitante s’est approchée de moi et m’a offert son aide pour me relever. Elle était si frêle que sa proposition m’a fait sourire. Je lui ai demandé de rester à mes côtés le temps que je me redresse. Une fois debout, et devant mon visage ensanglanté, elle m’a proposé de venir me débarbouiller à sa salle de sport …

J’ai alors traversé la rue et pénétré avec elle dans un autre monde : une salle remplie de machines et de dignes septuagénaires concentrées dans l’effort. Leurs visages saisis et soucieux, leurs bouches en O, leurs habits bien appliqués sur leurs corps menus : tout s’est imprimé sur ma rétine alors que je les voyais peu à peu perdre de leur concentration face à ma propre apparence.

Et c’est comme cela que, par la grâce et la violence d’une simple chute, je regarde dorénavant ce coin de rue différemment… Je sais maintenant qu’il abrite un rassemblement de vieilles dames coriaces et résolues.

Faisons une expérience …

Je vous propose maintenant de prendre, sans y réfléchir particulièrement, un objet à portée de votre main alors que vous lisez cette newsletter. Peu importent sa taille, sa forme ou son usage.

Saisissez-le. Allez-y, n’attendez pas, ce n’est pas grave.

C’est bon pour vous ? Vous avez la main dessus ?

Je vous encourage maintenant à le regarder sous toutes ses « coutures » : son poids, sa taille, sa ou ses couleurs, sa texture, sa fonction…

Pour apprécier pleinement cette expérience, vous pouvez noter toutes vos observations dans un carnet ou dans votre téléphone.

Demandez-vous à présent comment cet objet est arrivé là où vous vous trouvez, par quels moyens, avec l’intervention de quelles personnes, à quel moment, pour quelles raisons …
Quelles relations entretenez-vous avec lui aujourd’hui ?
A quelles actions ou à quels souvenirs l’associez-vous ?

Prenez le temps de laisser vos pensées dériver, ou d’y repenser un peu plus tard si le moment n’est pas pratique pour vous.

Enfin, après cette promenade en pensée dans l’histoire de cet objet, imaginez que vous n’avez que trois adjectifs pour le décrire sans le nommer à quelqu’un qui ne l’a pas vu.
Quels adjectifs choisissez-vous ?

Et c’est tout.

Pas de leçon ni de morale à ce petit jeu. Je suis juste curieuse de savoir ce que vous avez éprouvé et pensé lors de cette expérience. N’hésitez pas à m’écrire pour en parler.

Et enfin, trois propositions pour nourrir votre curiosité et votre imagination :

Une exposition parisienne : L’intime, de la chambre aux réseaux sociaux aux Arts Décos

Je vous encourage à aller flâner dans cette expo éclectique, aussi surprenante qu’agréable où « 470 œuvres, peintures et photographies, mais aussi objets d’art décoratifs, du quotidien et de design, révèlent comment l’intime a évolué. » En circulant dans les salles, impossible de ne pas trouver matière à se souvenir, à réfléchir ou à reconsidérer nos gestes privés !

Une chanson à écouter en boucle : Issemou, Cindy Pooch.

Un texte poétique, une voix qui se déploie sur une musique épurée, laissez-vous transporter bien loin par la douceur et la puissance de cette chanteuse franco-camerounaise. Vous ne comprenez pas tout ? C’est merveilleux, laissez le flou venir vers vous.

Un livre pour songer : Refuges, ces abris dont on rêve, Nathalie Moine, Editions Payot.

Grotte, caverne, nid, foule, coin, cabane, nuit, chambre, silence … autant de refuges qui nous hébergent et nous épargnent. Ils sont personnels, varient selon nos besoins, marquent notre enfance et se faufilent dans notre âge adulte. Dans cet inventaire poétique et généreux, l'autrice nous propose de les redécouvrir et de les choyer.

Et voilà, cette première newsletter est finie ! Je l’ai voulue volontairement brève pour qu’elle se faufile dans votre quotidien et vous accompagne sans s’imposer. Pari réussi ?

A très bientôt !

Merveilles Ordinaires

Par Judith Matharan

Je suis passionnée de lectures, de lumières et de rencontres.
J’aime bien flâner aussi : le nez au vent, l’œil qui s’enchante et l’oreille attentive.

J’écris depuis longtemps pour être efficace (dans le cadre de mes études puis de mon activité professionnelle) en tâchant d’être concise et pédagogue.

Ici, je m’essaye à une autre écriture - un peu plus personnelle - avec toute les incertitudes et la magie d’une nouvelle expérience.

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