Je vous l’avoue sans gêne, ce mois de juillet aura été celui de la fatigue, de la lenteur, de l’égarement … ma bonne volonté initiale ayant été progressivement grignotée par la chaleur et les nouvelles du monde. Et vu comme les prochains jours s’annoncent, j’ai décidé que ce serait également le programme de mon mois d’août, cette fois-ci sans culpabilité.
Répartition en suspension
On arrive dans la maison de vacances pile à l’heure pour le goûter. On est neuf : trois femmes adultes, trois ados de quinze ans et trois enfants d’une dizaine d’années. On a prévu de passer ce long week-end ensemble depuis plusieurs mois et notre enthousiasme est perceptible.
On ouvre les volets, on fait rentrer la lumière, on prend la mesure de la poussière accumulée, certains crient en croisant les araignées qui battent en retraite, on installe table et chaises sous le prunier, on s’émerveille du jardin et on s’alarme de son herbe desséchée.
Nous goûtons, nous sommes venus équipés et l’appétit est aussi grand que ce week-end est prometteur. Et puis, alors que les jeunes s’apprêtent à repartir comme une nuée d’étourneaux … une grande question est lancée à la volée : « Qui dort où ? »
L’affaire est sérieuse : elle conditionne les conversations nocturnes jusqu’à des heures indues, recouvre les inquiétudes inavouables des uns et les volontés de grasse matinée des autres.
Ni une ni deux, le groupe se reforme et inspecte avec attention les différentes chambres, en pondère les avantages comme les inconvénients, teste les matelas et les lattes grinçantes du plancher, s’interpelle de pièce en pièce, négocie la distribution des places selon la taille des lits et la tendance à faire l’étoile de mer de chaque personne.
Assez simplement, les chambrées se constituent, évidentes ou surprenantes comme nos amitiés.
Faisons une expérience
Pour finir ce mois de juillet et rouler doucement vers le mois d’août, je vous propose de
changer quelque chose à votre façon de dormir
Alors, qu’allez-vous tenter ? Une sieste sur le carrelage ou le plancher ? Un petit somme sur un banc public ? Dormir sans fermer les volets ? Déplacer votre lit ? Transporter votre matelas dans la cuisine ? Echanger votre couchage avec celui d’un ou d’une proche ? Changer votre heure de lever ou de coucher ? Laisser de côté les habits ? Vous allonger dans la largeur du sommier ?
Ou bien vous lancerez-vous dans la sieste collective ? Allez-vous tout simplement inverser la position habituelle de votre tête et de vos pieds ? Dormir dans une baignoire, un hamac, sur la mousse des bois ? Vers quelles évolutions vont vous mener votre imagination et votre environnement ?
En parlerez-vous autour de vous ? Découvrirez-vous qui dort comment ? Peut-être aurez-vous envie de noter ce que ces variations auront suscité en vous …
Pourtant, toujours pas de leçon ni de conclusion à ce petit jeu. Flemme.
Trois propositions pour nourrir votre curiosité et votre imagination
Paresse pour tous, Hadrien Klent : un roman gai et militant. En 2020, Emilien Long - prix Nobel d’économie - se confine dans les calanques. Il en profite pour écrire un livre contre le productivisme saluant les vertus de l’oisiveté. Devant le succès de son ouvrage, encouragé par son éditrice et ses ami/es, il décide de candidater à la présidence de la République. Il constitue une équipe et un programme à l’image de ses idées : à contre-courant. Publié aux Editions du Tripode.
Photographies au saut du lit rassemblées et présentées par Clara Bouveresse : un Photo Poche publié chez Actes Sud qui rassemble des images autour du lit, mêlant l’intime et le sociétal, l’esthétique et le documentaire. Parfait à feuilleter sans se fatiguer
Summertime, Ella Fitzgerald et Louis Armstrong : la berceuse idéale pour somnoler sous les ombrages.
Merci !
Merci à celles qui m’ont envoyé leur adresse postale pour recevoir un petit mot manuscrit !
Cela m’a fait très plaisir de vous écrire et de vous découvrir dans nos échanges.
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